Pourquoi la TAN ne méritait pas le procès qui lui a été fait

La semaine dernière, Entreprenantes publiait un article intitulé : la TAN fait faux bond aux développeurs, des applications en danger.

L’article revenait sur les problématiques de qualité des données et de leur mise à disposition et mettant en doute l’implication de la TAN dans l’open data, faisant ainsi écho au ressenti des développeurs notamment du fait que les responsables de la TAN n’avaient pas participé à la rencontre sur les problématiques autour de leurs données. Cet article a ensuite été repris dans Presse-Océan sans qu’aucun recoupement ou vérification n’ait été faite.

Aujourd’hui, une réunion ouverte avec le Président, le Directeur et le Directeur Commercial de la Semitan ainsi que des développeurs a permis d’éclaircir les raisons de cette absence à la rencontre avec les développeurs, et nous y avons découvert que cette responsabilité nous incombe !

Retour sur la chronologie des évènements :

Novembre 2011 : Lancement du site data.nantes.fr
Mise à disposition des données par la TAN. Première version plutôt complète et compréhensible malgré des points manquants, telles les directions de lignes et les points de transferts.

Février 2012 : Mise à jour des nouvelles données de la TAN
Le nombre d’horaires aux arrêts a été multiplié par 3, passant de 600 000 horaires à 1 500 000 horaires. Le nombre de ligne disponibles dans le nouveau jeu a été à la baisse, les données ont beaucoup changé pour une simple mise à jour. Les identifiants de ligne, arrêts et autres objets étaient changés, les développeurs sont obligés de mettre complètement à jour leurs applications où rester sur l’ancien jeu de données. Certaines questions restaient sans réponse sur le forum de data.nantes.fr

19 juin 2012 : Rencontre entre la ville et les réutilisateurs de données
Face aux questionnements des réutilisateurs de données de la TAN, il est décidé d’organiser une rencontre spécifique au sujet.

9 juillet 2012 : Rencontre sur l’usage des données de la TAN
Les réutilisateurs de données, Nantes Métropole et la Tan étaient conviés. Un représentant avait validé sa participation. Pourtant la réunion s’est déroulée uniquement entre développeurs et Nantes, aucun représentant de la TAN n’étant représenté.

11 juillet 2012 : Article d’Entreprenantes indiquant que la TAN fait faux bond aux développeurs
Le même jour (soit quelques jours seulement avant le changement officiel des horaires de la TAN), un nouveau jeu de données avec les horaires d’été de la TAN était mis à disposition en prenant en compte les retours des développeurs.

Entre le 11 et 13 Juillet : Echanges de mails entre la TAN et les développeurs
Le représentant de la TAN indique qu’il n’a pas reçu d’invitation à la réunion. Il demande les retours des développeurs. Une analyse des problématiques lui est transmise. Le représentant indique qu’il en fait part dès lundi en interne pour avancer.

Dimanche 15 juillet : Les services qui n’étaient pas branchés sur data.nantes.fr tombent
Certains développeurs n’étaient pas encore branchés aux données sur data.nantes.fr mais récupéraient les flux sur directement sur la TAN. Celle-ci avait leur indiqué que ce service allait fermer et qu’il fallait désormais utiliser data.nantes. Du fait de la mauvaise documentation des API de la TAN, ce passage s’est révélé compliqué, provoquant le tweet suivant interpellant la TAN sur sa responsabilité (sic) quant à la défaillances des services. Et mettant en lien l’article déjà obsolète sur la question de la mise à disposition des données.

Lundi 16 juillet : Invitation de la TAN à une rencontre avec les développeurs

Mercredi 18 juillet : Rencontre entre la TAN, les développeurs et Nantes Métropole
Une réunion plus politique que technique, où la TAN exprimait son incompréhension sur le procès qui lui était fait. A leurs yeux, ils jouaient parfaitement le jeu de l’open data. Pour preuve :

Ils mettent leurs données à disposition
Ils ont financé une partie de l’appel à projets open data pour récompenser la réutilisation
Ils ont une approche ouverte avec les réutilisateurs, allant jusqu’à tolérer l’usage du nom TAN sur l’application pourtant en obsolescence simpletan.fr
Ils organisent une rencontre pour mieux prendre en compte les retours des utilisateurs
Un travail sur la documentation devrait être fourni et il est envisagé des rencontres régulières avant chaque mise à jour de données.

D’où vient le problème ?

L’article d’Entreprenantes remettant en cause l’implication de la TAN se base notamment sur le fait qu’aucun représentant n’ait participé à la rencontre du 9 juillet avec les réutilisateurs. Nous avons réalisé le 18 juillet que cette absence n’incombait pas du tout à la TAN mais résultait d’une incompréhension entre Libertic et Nantes Métropole. Nous avions demandé à Nantes de convier leur délégataire, qui a relayé et la TAN a rempli le sondage pour la définition d’une date. Mais nous n’avons pas envoyé l’invitation finale car nous relayons habituellement les informations auprès des réutilisateurs de données et sur les réseaux sociaux, sur lesquels ne sont pas forcément les délégataires avec lesquels nous ne sommes pas en relation rapprochée. De son côté, Nantes pensait logiquement que nous les avions conviés directement. Et voici comment cet amalgame s’est terminé en procès contre la TAN.

Et maintenant ?

Libertic organise depuis 2011 des rencontres entre la ville et les réutilisateurs et organise le relai d’informations auprès de la communauté de réutilisateurs de données. Cette pratique s’est mise en place car à l’époque du lancement du projet open data, Nantes n’avait pas les ressources et méthodologies pour animer la communauté. Depuis quelques mois, nous essayons d’organiser une transition dans l’animation et souhaitons que Nantes prenne désormais en charge l’animation directe de la communauté. Pourquoi ?

Nous avons constaté notamment avec le lancement de l’appel à projets que notre réseau reste assez limité et est orienté développeurs, indépendants plutôt que PME. Lorsque c’est Nantes qui assure la communication d’un projet, celle-ci touche un plus grand nombre de personnes. Or nous avons besoin d’étendre la communauté. De plus, il s’agit de la logique de l’open data que d’améliorer les relations entre l’administration et ses usagers à travers une communication directe, qui doit désormais se développer sans Libertic.

Nantes a bien un Community Manager sur le projet open data aujourd’hui. Mais la politique de communication de la ville en ligne l’empêche d’exercer son métier, à savoir gérer l’interaction en ligne ! Pour obtenir l’autorisation de répondre à une question en ligne, il faut faire valider la réponse en interne à plusieurs niveaux, éliminant toute possibilité de réactivité. Et lorsque des articles paraissent critiquant les initiatives de la ville (et sans que les journalistes ne pensent jamais à la contacter pour obtenir des réponses ou vérifier l’information), nous avons dû répondre nous-même pour ne pas laisser libre cours aux interprétations erronées. Aujourd’hui, les internautes nous interpellent en ligne lorsqu’ils ont des questions ou des problèmes avec le projet open data nantes. Parce qu’ils savent qu’ils auront une réponse et que c’est la moindre des choses que l’on puisse attendre d’une relation de confiance qui doit s’instaurer autour de la réutilisation des données.

Sauf qu’à passer par un tiers, celui-si se retrouve pris entre deux feux et la relation de confiance ne s’établit pas avec la ville mais avec Libertic. Nantes Métropole devrait donc considérer urgemment de développer enfin une stratégie de communication interactive en ligne afin de ne pas laisser à des tiers son travail relationnel, qui en l’occurrence a pu lui porter préjudice. Il s’agit de la seconde phase de l’open data : le développement de la participation et l’animation de la communauté, cela passe par une communication décomplexée, c’est à dire une communication 2.0 où nous aurions enfin quelqu’un au bout du fil.

De même pour la TAN, qui a eu la gentillesse de nous convier à une réunion d’explication, se refusant à s’expliquer en ligne afin « de ne pas alimenter la polémique ». Et laissant une fois de plus des tiers s’exprimer à sa place. Il va être difficile de maintenir le dialogue avec les réutilisateurs de données sans communication en ligne…

En conclusion, ce n’est pas la TAN qui est en cause sur le sujet (bien qu’il y ait encore de sérieux efforts à fournir sur la qualité des données et documentation mais c’est en cours), c’est un système de communication et de gestion de l’écosystème inadapté. Bientôt une nouvelle donne ?

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Validons le cahier des charges pour l’ouverture des données évènementielles !

Le 27 juin dernier, Stéréolux et Libertic conviaient les structures nantaises intéressées par le projet d’ouverture des données évènementielles (« ODE ») à une présentation du cahier des charges d’un agrégateur de données. Voir le compte rendu de cette dernière rencontre.

Pour rappel, le projet « ODE » part du constat suivant :
Il y a aujourd’hui un réel problème de circulation des informations entre producteurs et
réutilisateurs de données. Il existe une gestion individuelle des données, sous des formats et
structurations diverses qui pénalisent l’interopérabilité et la diffusion d’informations, notamment sur le secteur évènementiel avec la gestion d’agendas et de lieux de référencements d’évènements multiples et variés.

Les producteurs d’évènements doivent faire face à de lourdes actions de communication, énergivores et chronophages, avec des coûts humains et financiers. Pour les réutilisateurs, la disparité des données pénalise l’appropriation et donc la valorisation de l’information.

 

Solution proposée
Des différentes réunions a émergé le projet d’ouverture des données évènementielles sur le
territoire. Il s’agit d’un projet collectif de développement d’un agrégateur de données évènementielles permettant de collecter automatique les données ouvertes. Le projet réunit organisateurs d’évènements, réutilisateurs de données évènementielles, medias et différentes collectivités. Il est actuellement piloté par Stereolux et Libertic avec l’implication de Makina Corpus en concertation avec tous les acteurs investis dans la démarche.

 

Les étapes du projet

Le cahier des charges est donc désormais soumis à contributions: proposez vos réflexions !Accéder au cahier des charges.

 

Une liste de diffusion a été créée pour le projet d’ouverture des données événementielles. Si vous souhaitez vous y inscrire, vous pouvez envoyer un email à ode@stereolux.org afin de recevoir toutes les actualités et rejoindre le projet en tant que diffuseur ou utilisateur de données évènementielles. Ce projet collectif est ouvert à tous, sans restriction de statut ou géolocalisation, rejoignez-nous !

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